La Naissance du mouvement
Le mouvement de protection de la nature et de l'environnement est en France un mouvement récent. C'est à partir des années 50-60 qu'une sorte de vague de fond provoquée par une série d'excès en matière d'aménagement du territoire (remembrement, assèchement des zones humides, voies routières éventrant les massifs forestiers, urbanisation galopante...), va donner un essor au mouvement de protection de la nature.
La volonté commune de réunir les associations nationales, régionales, départementales et locales en un même ensemble où chaque élément garde son originalité et son autonomie en poursuivant des buts identiques conduisit, sous l'impulsion de François Hüe alors président de la Société Nationale de Protection de la Nature, à la création de la Fédération Française des Sociétés de Protection de la Nature (FFSPN) en 1968, qui sera rebaptisée France Nature Environnement en 1990.
Le Parc de la Vanoise et la Loi de 1976 : les ciments de l'action associative
| La mobilisation pour la défense du parc de la Vanoise (1969-1971) menacé par un programme d'aménagement touristique fût un puissant ciment pour la toute jeune fédération. On peut dire que cette impulsion civique associative a provoqué le déclic, mobilisé progressivement l'opinion, entraîné en 1971 la création du ministère de l'environnement et contribué à remplacer peu à peu, en matière d'environnement, l'affrontement stérile par le dialogue constructif avec les élus et l'administration. | ![]() |
L'adoption de la loi sur la protection de la nature en 1976 résultant pour partie du travail opiniâtre de la FFSPN et de ses associations membres auprès du parlement et des gouvernements, marque également le début de la reconnaissance officielle des associations de protection de la nature, en mettant notamment en place des instances de concertation où les associations peuvent être entendues. En 1976, la reconnaissance d'utilité publique de la fédération vient couronner ces années d'efforts. La fédération, au travers de ses associations membres, accroît son audience, devient un interlocuteur majeur des pouvoirs publics dans le domaine de la protection de la nature. |
De la Nature à l'environnement
Les responsables de la FFSPN prennent rapidement conscience que protéger telle ou telle portion du territoire est une stratégie à courte vue si l'on ne s'interroge pas sur les mécanismes économiques et politiques qui conduisent au gaspillage des ressources et aux pollutions.
Lors de l'Assemblée générale extraordinaire de 1972, la FFSPN adopte un programme pour la sauvegarde de la nature et de l'environnement : action sur le plan mondial, réflexion sur l'idée que la croissance ne peut pas être infinie, respect du Tiers-Monde, lutte contre toutes les formes de gaspillage, réorientation des politiques de subventions vers le qualitatif, développement de la concertation et de l'éducation sont quelques uns des thèmes abordés. Ils serviront de trame à l'action associative.
Le hérisson, un interlocuteur vigilant.
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Au professeur Jean-Claude LEFEUVRE qui assure la présidence depuis 1978, M. d'ORNANO, ministre de la Qualité de la Vie, déclare à l'Assemblée générale de 1979 que la FFSPN "devait rester un aiguillon vigilant de l'action administrative". La FFSPN adoptera, comme emblème, en 1981, le Hérisson dont l'aspect illustre bien sa stratégie constante de concertation-contestation. Caressé dans le bon sens du poil (la concertation) le Hérisson ne pique pas, mais lorsqu'il n'est pas d'accord (la contestation), il ne manque pas de le faire savoir. et se hérisse. Cela peut être douloureux... Les sujets de contestation ne manquent pas car un développement économique à tout va, un gaspillage généralisé et la glorification de l'individualisme ne prédisposent pas à ce que l'intérêt général et le long terme soient au rang des préoccupations premières. |


