- Les perturbations, moteur de la dynamique forestière
- Perturbations naturelles
Bien que ces modifications se fassent à une échelle de temps quasi-imperceptible par l’œil humain, les forêts sont en constante évolution. Elles changent en réaction à des perturbations diverses, telles que les tempêtes, les incendies ou les attaques parasitaires, qui génèrent des trouées.
En augmentant la quantité de ressources disponibles (lumière, eau, minéraux), la création de ces trouées permet à des espèces adaptées à ces nouvelles conditions de s’implanter. Elles seront progressivement remplacées par d’autres espèces ayant des exigences écologiques différentes, au fur et à mesure de la fermeture du couvert. Ces cycles d’ouverture et fermeture du milieu sont à la base du fonctionnement de l’écosystème forestier, en générant localement des extinctions et recolonisations d’espèces en fonction des modifications du milieu.
A l’échelle du paysage, une forêt naturelle est donc comparable à un patchwork, avec de petites unités à divers stades de développement. Il faut plusieurs centaines d’années pour qu’une de ces unités réalise un cycle complet.
- Perturbations par l’homme : la sylviculture
Aujourd’hui, les perturbations naturelles ne jouent plus qu’un rôle mineur dans les forêts gérées par l’homme. La fréquence, l’échelle et l’intensité des perturbations apportées par les opérations sylvicoles (éclaircies et coupes) est bien plus importante que celle générée par les perturbations naturelles.
Si les perturbations générées par la sylviculture sont trop importantes, le risque est de maintenir le milieu dans un perpétuel état de déséquilibre, ne laissant ainsi pas le temps aux espèces de recoloniser les espaces forestiers. Si ces espèces ne trouvent pas de milieu favorable, elles disparaissent.
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- Plantes forestières : des espèces adaptées à leur milieu
Les espèces végétales caractéristiques du milieu forestier s’accommodent bien de la faible luminosité et de la couche épaisse de litière (feuilles mortes et autres débris végétaux) recouvrant le sol. Pour se reproduire, ces plantes ont dû compenser les difficultés de dispersion des graines liées à la fermeture du milieu ; elles ont donc développé des mécanismes de multiplication végétative, à l’image des stolons de la fraise des bois.
- La végétation d’une forêt est le reflet de son histoire
Se spécialiser c’est faire un choix. Les plantes forestières ayant développé des mécanismes de multiplication végétative, leurs capacités de dispersion des graines sont restées très limitées. La recolonisation des milieux par ces espèces est donc très lente. En conséquence, plus une forêt est ancienne, plus les espèces forestières seront nombreuses et abondantes. Il est donc important pour la conservation de ces espèces de maintenir la continuité de l’état boisé du paysage.


