Sommet de Copenhague sur le climat du 7 au18 décembre 2009
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Les enjeux de la conférence de Copenhague

Quels sont les enjeux de la conférence de Copenhague ?

Qu’est-ce que c’est ?

Du 7 au 18 décembre 2009 se tiendra, à Copenhague, la 15e conférence des parties à la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (COP15 pour les intimes). A l’ordre du jour : l’élaboration d’une suite au protocole de Kyoto, afin de poursuivre et – si possible – d’intensifier la lutte contre le changement climatique, dont l’existence et les dangers sont désormais considérés comme avérés.

Vue panoramique de Copenhague
© Mariusz Paździora

Il est fondamental que soit dessiné à Copenhague un système de régulation international à la hauteur du défi climatique : à fois efficace, ambitieux, permettant une action internationale coordonnée, solidaire et équitable, et juridiquement contraignant. Les résultats des sessions de négociations préparatoires laissent peu d’espoir quant à un tel aboutissement... Mais il ne faut pas oublier que plus le temps passe, plus la possibilité de limiter le réchauffement climatique se réduit : il risque d’être trop tard plus vite qu’il n’y paraît, d’où un impératif de ne pas s’autoriser de demi-mesures.

Pourquoi est-elle si importante ?

Le protocole de Kyoto est « périssable », car il ne vaut que sur la période 1998-2012. Il arrivera donc à expiration dans trois ans... et pour l’instant, rien n’est encore prévu pour lui faire suite. Il est aujourd’hui temps de se fixer des objectifs et un cadre à plus long terme. Compte tenu du temps nécessaire à la ratification et à l’entrée en vigueur des textes internationaux, trois ans ne seront pas de trop pour s’assurer que son successeur puisse être effectif dès 2013 : à titre d’exemple, le Protocole de Kyoto n’est entré en vigueur qu’en février 2005... soit plus de 7 ans après sa signature.
C’est donc dès cette année qu’il faut établir comment poursuivre et renforcer les efforts amorcés après cette échéance. Conscientes de l’importance de tenir compte du délai nécessaire au processus de ratification, les parties ont entamé les négociations sur l’après-Kyoto en 2007, avec l’adoption du mandat de Bali : parvenir à un accord au plus tard en décembre 2009, c’est-à-dire lors de la conférence de Copenhague, qui doit absolument aboutir à la définition du régime de l’après-Kyoto, dont on ne sait pas encore quelle forme il prendra (prolongation et renforcement du Protocole de Kyoto, accord complètement nouveau, ou simple définition d’objectifs ?).


Quels sont ses objectifs ?

Les questions qui doivent être tranchés à Copenhague sont regroupées dans la « feuille de route de Bali» qui articule les négociations autour de 4 axes principaux : la réduction des émissions de gaz à effets de serre (« atténuation »), l’adaptation aux effets du changement climatique, la coopération technologique Nord-Sud et les modalités de financement, étant entendu que selon le « principe de responsabilité partagée mais différenciée », les pays industrialisés, responsables historiques du changement climatique, ont une dette envers les pays en développement.

La communauté internationale s’accorde sur le rôle de la conférence de Copenhague : se donner les moyens de limiter la hausse de la température globale à 2°C au-dessus des niveaux pré-industriels. Si on se fie aux scénarios du GIEC, qui servent de référence, cela implique de réduire les émissions de gaz à effet de serre mondiales d’au moins 50 à 85% par rapport à 1990 d’ici 2050, avec un pic en 2020. La réalisation de cet objectif pourtant clair est malheureusement semée d’embûches.

Pour plus de détails sur le mandat de Bali, voir le résumé du PNUD.

Pourquoi les négociations sont-elles difficiles ?

Les difficultés de la communauté internationale à s’accorder tiennent à plusieurs facteurs.

  • D’abord, les engagements des pays industrialisés, qui doivent à la fois d’être ambitieux et réalisables. Réduire significativement les émissions de gaz à effet de serre, c’est s’attaquer à un des fondements des sociétés industrielles, qui plus est dans un climat d’urgence.
  • Ensuite, l’implication des pays en développement, qui représente une part croissante des émissions sans pour autant avoir atteint le niveau de prospérité des pays du Nord. Il est clair qu’il sera impossible de se tenir à « l’objectif des 2°C » si les émissions de pays comme la Chine et l’Inde gardent leur rythme de croissance actuelle. Mais il est hors de question d’imposer aux pays en développement de limiter leurs émissions de gaz à effet de serre si cela doit se faire au détriment de leur économie. Il faut donc parvenir à concilier les deux objectifs, ce qui implique notamment des transferts de technologies propre et des aides financières.
  • Enfin, la situation des états les plus vulnérables. Les petits états insulaires ou les états africains sont au premier rang des menacés alors que leur contribution au changement climatique est négligeable et qu’il n’est pas en leur pouvoir de le limiter. Ils en appellent à la solidarité internationale, insistant sur le fait qu’ils n’ont pas à payer pour le confort des autres.
  • C’est pourquoi la question de l’aide technologique et financière au pays en développement est au cœur des négociations. Cette aide est indispensable pour des raisons de justice autant que d’efficacité, mais les sommes en jeu sont considérables et représentent un engagement à long terme pour les pays industrialisés, qui devront également supporter le coût de l’atténuation et de l’adaptation sur leur propre territoire. Ils ne sont pas encore parvenus à s’accorder au-delà du principe, et aucun n’a annoncé d’intention de contribution chiffrée, même si l’Union Européenne a estimé que 100 milliards d’euros par an seraient nécessaires d’ici 2020.
  • Autre point délicat : la forme de l’accord : conservation du cadre de Kyoto ou refonte complète ? Les Etats-Unis, n’ayant pas ratifié Kyoto, penchent pour la seconde solution, qui n’est évidemment pas au goût de tout le monde, et qui demanderait beaucoup plus de temps.

Où en sont les attentes ?

Ces conflits, pour le moins épineux, font craindre que des résultats très en deçà des espérances à Copenhague. L’ONU semble aujourd’hui n’attendre plus qu’un accord politique, remettant à plus tard la discussion sur les modalités juridiques. Pour FNE, il est pourtant indispensable qu’un cadre juridique réellement contraignant soit dessiné dès cette année.

© Scythian


  Il devra d’abord assurer l’engagement des pays industrialisés à des réductions suffisantes comprises dans la fourchette de 25 à 40% d’ici 2020 et intégrer pleinement les pays émergents en établissant des mécanismes de coopération technologiques et financières à la hauteur des enjeux. Les pays du Nord, Europe en tête, doivent désormais afficher des objectifs de financements cohérents avec les 100 milliards par an nécessaires à l’adaptation estimés par la Commission Européenne.

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